A la morgue…
D’une capacité de 35 places, l’espace mortuaire assure pleinement ses missions et envisage une extension.
Silence. L’affluence s’estompe à mesure qu’on aborde le pôle Nord du vaste domaine de la fondation ad lucem de Bonamoussadi à Douala. C’est dans cette aile quelque peu isolée que la morgue a fait ses quartiers. Le bâtiment est dépouillé et sobre. Et surtout calme. Seul un téléviseur ose un bruit. La dizaine de personnels, ici, se déploient d’un pas lourd, ne trahissant aucune émotion. Juste quelques traits qui dessinent une légère pression en ce jeudi après-midi, veille d’une kyrielle de levées de corps. Derrière l’immense registre qui note tout ce qui entre et sort du bâtiment, le major Ngameni Kameni fait le point avec ses équipes. « Regroupez et classez les bracelets par ordre pour mieux gérer la pression demain matin », lance-t-il.
Ainsi, chaque dépouille réceptionnée, est tracée pour ne pas ajouter une peine à la douleur de la famille endeuillée. En plus des marquages sur le corps, il y a des bracelets numérotés et identifiés qui constituent l’arsenal de sécurité et de traçabilité. « Pour chaque corps, nous utilisons trois bracelets pour éloigner les risques. Un pour le corps, un pour la famille et un autre que nous gardons pour nous-même », dévoile le major. Et ça marche bien. « Avec cette méthode, la probabilité d’une perte ou d’une confusion est nulle », nous rassure-t-on.
Un projet d’extension
Et puisque le service est rendu avec rigueur et méthode, les sollicitations débordent. Les demandes sont au-dessus des capacités actuelles. Généralement le taux d’occupation varie entre 95 et 100 %. C’est pourquoi : « nous comptons ajouter 10 places supplémentaires pour davantage satisfaire ceux qui nous font confiance », projette Ngameni Kameni. Et d’ajouter, « nous envisageons par ailleurs aménager une salle de très haut standing pour répondre à la demande VIP », planifie le major. Tel est l’avenir de la morgue de Bonamoussadi.
