Au terme d’une remarquable carrière, le médecin d’exception s’en va à la retraite après 38 ans de service. Ses hommages professionnels étaient couplés à une évaluation trimestrielle de la fondation ce 22 avril 2025 au nouveau siège de la direction générale à Olembe.
Lorsqu’il entre dans la salle, une standing ovation de toutes les mains emplit la pièce. Le Dr Dakwa, le pas lourd et le visage reluisant, est en route pour une retraite bien méritée. Tous les yeux ébahis le reconnaissent. Les cœurs confessent. La médecine lui allait comme un gant. Et l’amour pour Ad Lucem a coulé dans ses veines pendant 38 ans. Comment lui dire merci pour ce dévouement de toute une vie ?
A coup sûr, rien de plus grand que cette gratitude venue du fond des cœurs, qui lui est solennellement témoignée. Un sentiment accompagné de présents. Des coordinations régionales à la direction générale, chacun a réservé une surprise à ce baobab qui se retire. « Vous serez loin des yeux, mais près du cœur. On est ensemble. », Lâche-t-il devant une assistance plongée dans les eaux de l’émotion.
Un modèle humain célébré
L’éloge au doyen était une grand’messe de témoignages. L’évêque de Kribi lui-même a enfilé sa soutane pour venir dire de sa bouche, toute sa reconnaissance et bénir la nouvelle aventure de celui qui fut son médecin personnel. L’homélie épiscopale de circonstance érige le Dr Dakwa en source d’inspiration où doivent s’abreuver les plus jeunes. « Ayez le sens de l’honneur. Le respect du travail bien fait pour que d’autres références émergent au sein de cette fondation », prêche Monseigneur Damase Zinga, avant de conclure « merci Docteur Dakwa ! » La rigueur que ce « patriarche » a incarnée, alors qu’il suait dans la blouse blanche, a donné des mots au représentant du personnel pour déclamer l’hommage de tous ses collègues. « Vous avez tracé la voix que nous allons suivre », promet-il.
Un personnel des premières fois
Son passage à la fondation a écrit l’histoire dans les mémoires de la postérité. Les premiers pas du Dr Roger Dakwa à la Fondation remontent à 1987. Il rejoint les effectifs comme médecin généraliste. Pendant ses années de « sacerdoce », l’appel du devoir l’a conduit dans la quasi-totalité des établissements de l’institution. Bangang, Efok, Dizangue, Bonamoussadi et même la direction générale ont gouté aux saveurs de son talent. Le natif de la République Démocratique du Congo en repart comme directeur médical. « Le sommet de la profession », classe le délégué du personnel. « L’unique employé en 80 ans doublement décoré par le président de la République » complète la présidente du conseil d’administration. C’est le seul qui a bénéficié d’une prolongation de 13 ans après son départ à la retraite. « Une marque de reconnaissance, de fidélité et de mérite », encense l’administrateur directeur général.
Copie 1er trimestre
Mais avant ces aurevoirs, la salle de conférence avait l’allure d’une salle de classe. Les cadres de la fondation ont corrigé la copie du premier trimestre 2025. Tour à tour, chaque chef d’établissement a exposé sur les données en chiffres et en lettres, des activités techniques et financières de l’hôpital dont il assume la charge. Comme un évaluateur muni d’un stylo rouge, l’administrateur directeur général a encerclé les fautes et souligner les ratures. Les bons élèves de la fondation ont reçu des encouragements et les mauvais appelés à fournir des efforts. « On ne vous condamne pas à atteindre les objectifs budgétaires, mais on veut noter des progressions », résume le Dr Bidjogo Atangana.



