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LA FONDATION LOUIS PAUL AUJOULAT UN PATRIMOINE ATEMPOREL
Au cœur de la Pharmacie Centrale

Le lancement des activités au Cameroun de la Fondation Louis Paul AUJOULAT revêtait les allures d’un passage de témoin. L’on se serait cru dans les années 1940, dans une scène réunissant le père fondateur et les pionniers de la première heure à l’instar du Dr Thérèse STROBEL, du Dr BERTHE, de Madame Christiane Jacques ou de Mlle PROST. Eux qui dès le départ, étaient animés par un engagement humanitaire de tous les instants et sans borne, en vue de délivrer tout homme de toutes des souffrances, qu’elles soient physiques ou spirituelles.

        

Concrétisant leur engagement, ils ont suivi le Dr AUJOULAT à l’œuvre sur le terrain, lui qui fut un véritable partisan acharné de la force des actes. Il a en effet vécu toute son existence à poser des actions concrètes qui matérialisent de tout temps ses pensées. 

         Au sein de la FALC qu’il a bâtie depuis 1936, des militants de la cause humanitaire ne cessent de gagner les rangs. A l’œuvre de tous leurs cœurs, ils se passent le relais, générations après générations.

Empreintes indélébiles

Fidèles à l’œuvre d’AUJOULAT, ces militants de la cause humanitaire réalisent de bonnes œuvres sans compter, passant le témoin au fil des décennies. Dans toutes les structures de la Fondation, restent indélébiles, les empreintes des professionnels de haut vol qui ont mis leurs compétences au service des populations camerounaises.

 Ainsi Ad Lucem Bafang créé en 1947, au cours de ses premières décennies, a vu passer tour à tour, le Dr Thérèse STROBEL et son mari architecte qui a construit les locaux des hôpitaux Ad Lucem de l’Ouest Cameroun, le Dr NIKTA polonais d’origine, le Dr VAN EYCK, médecin hollandais, le Dr NERIC, le Dr Simone HUGUET, le Dr N’ZOUME, chirurgien camerounais de grande classe qui a longtemps exercé en France avant son retour au Cameroun en 1965, des infirmiers de renom comme Jean FOTSO.

Mbouda à son tour a bénéficié des services du Dr BERTHE, fondateur et dirigeant de 1957 à 1974. La structure n’oublie pas le passage du Dr GASSER, chirurgien de Zurich.

Ad Lucem Bandjoun fondé en 1959 se rappelle notamment le Dr SARFUTTI et sa femme également médecin. Le couple fut en poste jusqu’en juillet 1974.

Penja a accueilli le Dr COUSTEIX désigné par le Dr AUJOULAT pour créer ce jeune hôpital en 1965, tout comme les docteurs SIRONNET et BADWANI.

A la Pharmacie Centrale Ad Lucem de Bonamoussadi, où a eu lieu la cérémonie du 13 décembre dernier, il s’avère difficile d’évoquer le nom du Dr Louis Paul AUJOULAT sans se souvenir de la mémoire de la pharmacienne belge, Christiane Jacques. D’après l’histoire, le destin de cette illustre pionnière de la Pharmacie Centrale bascula en 1965 lorsqu’elle rencontra le Docteur Louis Paul Aujoulat. Elle décide par la suite de venir travailler au Cameroun, précisément à Douala. Sa mission : mettre sur pied un système d’approvisionnement en médicaments des hôpitaux Ad Lucem. La réussite de son projet demeure pérenne, plus de cinquante ans après.

Cet établissement approvisionne en médicaments et consommables médicaux essentiels les 15 hôpitaux et les 25 centres de santé Ad Lucem.  A travers le temps, la Pharmacie Centrale étend ses services au-delà de la Fondation, intégrant des structures de santé d’autres confessions religieuses et du Service public camerounais de santé.

Campagne de santé à Ad Lucem Nden

Autre lieu, autre structure et autres mémoires. Saint Michel de Nden garde jalousement les empreintes de Mlle PROST à qui le Dr AUJOULAT confia en 1948 la léproserie. Elle fut assistée d’autres serviteurs dont le Père TONY. Puis il y a eu en 1972, le Père ROGER, Mlle Marie-France SINET et Luc de MEERSMANN. En 1974, le Dr GROSSO, religieux conceptionniste argentin prit le relais assisté des Pères Joseph et Laurent, des infirmiers et des infirmières camerounaises.

Efok, l’hôpital-mère de la Fondation n’oubliera jamais son fondateur Dr AUJOULAT, tout en gardant en mémoire les prestations entre autres, du Dr ABESSOLO (1962), du Dr IVAL, du Dr SAUER (1974) et de son épouse également médecin, des assistants Lazare OWONO, Maurice MBA, du Dr Jean Charles DOUBLIER et de sa femme également médecin, du Pr Michel BAYART.

La pharmacienne pionnière

Il y a tout lieu de se féliciter de la diversité des acteurs de cette œuvre humanitaire. Certains sont issus du corps médical, à l’instar des médecins, des pharmaciens, des infirmiers. D’autres sont des religieux, d’autres encore des professionnels issus de l’administration et de divers autres secteurs. Mais ils sont tous emportés par l’élan du don de soi pour autrui, et bâtissent par leurs compétences, une véritable union fraternelle des humains qui jusqu’ici, défie le   temps.

         Des années sont passées, emportant avec elles des générations d’acteurs opérant à plusieurs niveaux, au Cameroun ainsi qu’à l’étranger. A chaque fois, la Fondation renaît des cendres de tous ceux qui la bâtissent au fil du temps.

         Malgré les mutations de notre monde, ils continuent au fil des décennies, par leurs compétences, leur entregent, leurs résultats, de mobiliser des âmes sensibles aux causes humanitaires.

Don de soi

La Fondation Louis Paul AUJOULAT constitue dans cette optique, un nouveau maillon de cette chaîne de solidarité, appelé à demeurer une enzyme vitale, pérenne et sans frontières, des actions et des activités de charité qui concrétisent la solidarité humaine. Par-dessus tout, elle demeure également un monument qui rend hommage à toutes ces personnes, sans distinction aucune, elles qui ont participé aux divers combats que le Dr AUJOULAT a menés pour les causes humaines, lui qui était un citoyen du monde, ainsi que cela transparait dans ses œuvres.

 

 

 

Emmanuel MBA NGONO