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Vue du bâtiment

La Fondation Médicale Ad Lucem (FALC) lance un appel à candidatures pour la gestion en partenariat par une congrégation catholique de l’hôpital Ad Lucem Saint Michel de Nden. Des mains expertes sont ainsi appelées à faire fonctionner à l’avenir, ce riche patrimoine historique avec une renommée établie depuis 70 ans, et pétri d’une longue expérience accumulée sur le plan professionnel et social. L’hôpital Saint Michel entretient des relations de confiance tissées avec les populations environnantes et avec de nombreuses organisations humanitaires à travers le monde.

Se rendre à Nden, c’est effectuer au cœur d’une forêt équatoriale luxuriante un voyage sans encombre, au milieu des arbres gigantesques et des champs innombrables. Mais pour une localité perdue en pleine forêt équatoriale, les ancêtres n’auraient jamais pu imaginer qu’elle puisse connaître un jour un destin si fabuleux pour accueillir au fil du temps, des femmes et des hommes d’exception.

 Aux rangs des tout premiers bâtisseurs de Nden, il y a tout lieu d’évoquer les noms de Monseigneur François-Xavier VOGT, les Pères Léon Meyer et Antoine Wollenschneider, le Dr Louis Paul AUJOULAT, Mademoiselle Marie-Thérèse PROST, l’instituteur Raphaël Mfou'ou Ebo'o et son illustre élève Paul Biya.

  De manière singulière, l’histoire de N’den reste marquée par l’existence de l’hôpital Ad Lucem Saint Michel, créé en 1944 par le non moins célèbre Docteur Louis-Paul Aujoulat. Au départ, cet établissement sanitaire est une léproserie. Ce qui justifie son isolement. Mais le destin a permis au Dr Louis-Paul Aujoulat de rencontrer une femme de cœur exceptionnelle, en la personne de Mademoiselle Marie-Thérèse Prost, affectueusement appelée à Nden « Ame des lépreux » en raison de son dévouement marquant pour cette catégorie de malades. Mademoiselle Marie-Thérèse Prost est au départ une pharmacienne née le 28 novembre 1905, région Maine-et-Loire, à l’Ouest de la France.

 Elle s’installe en 1938 à Neuville-sur-Saône, une commune de la métropole de Lyon, au Sud-est de la France. Elle gère la pharmacie Prost, rue Victor Hugo. Parallèlement, elle travaille au laboratoire de recherche de la Faculté catholique de Lyon et se spécialise dans la recherche sur le traitement de la lèpre. En 1948, elle quitte sa famille, sa pharmacie et sa France natale pour le Cameroun. Destination : l’hôpital Ad Lucem d’Efok, région du Centre. Le Dr AUJOULAT lui confie la direction de l’hôpital de Nden en pleine brousse, dans la région du Sud.

Une vingtaine d’années durant, elle assuma cette charge avec un enthousiasme admirable, assistée Pendant un temps d’une amie sage-femme et d’un aumônier, « le petit Père TONY ». Malheureusement, au cours de l’année 1967, Marie-Thérèse Prost est atteinte d’une affection cardiaque grave. Elle rentre en France et arrête toute vie active. Après de longs mois de souffrance, elle décède le 28 mars 1971.

 En France, dans la ville de Neuville-sur-Saône, les autorités municipales ont rebaptisé l’ancienne rue de la Gare, rue Marie-Thérèse Prost, le 22 juin 1975 en signe de reconnaissance de l’œuvre accomplie par cette dame, particulièrement à N’den. De son vivant, elle a été décorée par les gouvernements camerounais et français.

 

Mademoiselle Marie-Thérèse PROST

Mlle PROST et le Père TONY sont morts trop tôt pour être témoins de la victoire de la médecine face aux ravages de la lèpre à Nden. Il n’y a pratiquement plus de lépreux dans la région. La léproserie est devenue depuis plus de cinquante ans, un maillon du réseau des hôpitaux de la Fondation Médicale Ad Lucem.

Nden se trouve à 120 kilomètres de Yaoundé et à 40 kms de Sangmélima, chef-lieu du département de Dja et Lobo, région du Sud Cameroun. L’établissement hospitalier se trouve à côté de la première église catholique du Diocèse de Sangmélima jouxtant une école primaire. Un cycle de propédeutique du Grand Séminaire de Yaoundé ouvre ses portes cette année à la paroisse de Nden.

70 ans après sa création, l’hôpital Saint-Michel poursuit son activité médicale qui, malheureusement évolue en baisse au fil du temps. Bien équipée, alimentée en eau et en électricité, couverte par le réseau téléphonique, la structure connaissait pourtant une forte activité ces dernières années. Elle offre des services en médecine, pédiatrie, chirurgie, laboratoire, PMI, pavillon lèpre.

 

Des bâtiments de Nden

Cet établissement hospitalier enregistre pas moins de 50 consultations par semaine. Ces chiffres peuvent être multipliés par dix si une équipe stable s’y installe. La qualité des soins offerts aux patients demeure de grande facture, malgré le temps qui passe et les mutations socio-économiques. Toutefois, la capacité en lits qui atteignait le chiffre de 112 connaît une forte chute, tout comme le personnel.

Côté infrastructures, le dispensaire compte huit bâtiments. Le premier est composé du cabinet du médecin, de la pharmacie, de trois salles d’opération. Le second bâtiment abrite l’administration et le laboratoire. Deux bâtiments d’hospitalisation regroupent des chambres communes, privées et VIP. Un bâtiment composé de plusieurs appartements accueille régulièrement des stagiaires en médecine, nationaux et étrangers.

     Enfin le dernier bâtiment abrite un groupe électrogène qui permet d’avoir de l’électricité en permanence même pendant des coupures de courant. En retrait, se trouvent une église et le village des anciens patients de la lèpre.

  Pour l’heure, la FALC lance un appel à candidatures aux congrégations catholiques bien outillées pour gérer en partenariat l’hôpital Ad Lucem de Nden. Elle entend confier ce riche patrimoine historique, de renommée établie depuis 70 ans, pétri d’une longue expérience professionnelle et sociale grâce aux très bonnes relations entretenues avec les populations, l’administration de la Santé publique et les organisations internationales.

 

Emmanuel Mba Ngono