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Le Pr Pierre FLORI et Madame Hélène SALSI en pleine fête du 1er mai avec le personnel de la Fondation de Yaoundé

« La nouvelle infrastructure servira pour une médecine de qualité et devra également constituer une source de financements pour d’autres projets ».

 

Pr Pierre FLORI de l’Université Saint-Etienne en France et Président de l’association, Biologie Sans Frontières.

        

La délégation de l’Association, « Biologie sans Frontières » (BSF) est arrivée au Cameroun au cours de la dernière semaine du mois d’avril 2018 dans le cadre de la mise en œuvre du projet du Laboratoire de Biologie Médicale de Référence de Douala de la FALC. Faisaient partie de cette délégation, le Président de BSF, Pr Pierre FLORI, Directeur de laboratoire et Professeur de parasitologie à l’Université Saint-Etienne en France et Madame Hélène Salsi, Ingénieure biomédicale, assistante à BSF.

         La présente interview nous été accordée par les responsables de BSF, afin de mieux éclairer l’opinion sur le projet de LBM de Douala, et sur l’état des relations de partenariat que BSF entretient avec la FALC.

 Quelles sont les différentes étapes qui seront accomplies afin que le projet de Laboratoire de biologie médicale de référence de Douala se concrétise ?

Il y a d’abord un travail de faisabilité, la cartographie de ce qui se fera dans ce laboratoire de référence, puis la réalisation et la validation des plans par les deux parties que nous formons à savoir Ad Lucem et BSF. Les travaux de construction effective du laboratoire prendront le relais et devraient s’achever, selon la programmation, au mois de septembre prochain. Au cours de notre présent séjour, nous nous sommes rendus sur le site d’implantation du projet à Douala.

La phase qui suivra la construction du bâtiment est d’importance. Il s’agit d’équiper et de faire fonctionner le laboratoire de sorte qu’on obtienne une plus-value, c’est-à-dire que la nouvelle infrastructure serve à la fois pour une médecine de qualité et qu’elle constitue une source de financement d’autres projets. En ce qui concerne l’équipement, nous travaillons avec des interlocuteurs en vue de privilégier les meilleures solutions, car ce projet intègre les priorités de santé définies par le Fonds Mondial et qui concernent la tuberculose, le VIH et le paludisme. Aussi notre objectif, c’est de mettre en place un laboratoire universel qui puisse diagnostiquer des maladies transmissibles et non transmissibles.

Les composantes formation et maintenance sont-elles prises en compte ?

         La formation d’un biologiste d’une part et celle de l’ensemble du personnel du futur laboratoire d’autre part figurent en très bonne place. L’autre aspect à prendre en compte concerne le choix du partenaire industriel qui va fournir l’équipement. Il revient à ce partenaire de veiller sur la prise en charge des pannes éventuelles. Il doit être en accord avec Ad Lucem sur ce point car la maintenance garantit la pérennité.

Au final, combien coûtera ce laboratoire ?

         Pour l’instant, on peut avancer le chiffre global de plus de cent millions de francs. Mais il faut savoir qu’il existe plusieurs systèmes d’acquisition des équipements qui influencent également les coûts.

La Fondation est structurée en coordinations. Le projet actuel concerne la coordination du Littoral. Peut-on envisager l’extension de cette réalisation dans d’autres coordinations ?  

         En fait, la nature d’un laboratoire est fonction de l’intensité de l’activité qui se déroule dans son milieu d’implantation. Je dois préciser que le laboratoire de Douala n’intègre pas l’hôpital Ad Lucem d’Edéa. Votre question me fait penser à la nécessité de maîtriser la gestion du transport des examens car on peut aussi récupérer les analyses spécialisées des autres coordinations.

         En ce qui concerne l’extension de ce projet, il y a probablement le projet du CHU d’Olembé à Yaoundé. En fait, tout dépend des priorités de la Fondation.

Quel est l’état de la coopération que votre organisme entretient avec la Fondation ?

Nous avons un lien privilégié avec Ad Lucem depuis quatre ans. Une Convention de partenariat nous lie depuis 2014. Et c’est dans ce cadre que BSF réalise un programme de formation des techniciens à la FALC. L’année dernière, par exemple, un deuxième module sur « l’hématologie » a été mis en œuvre à l’hôpital de Bafang par deux représentants de BSF. Cette session de formation regroupait des représentants de sept hôpitaux. Au mois de février dernier, BSF a animé une autre session de formation portant sur l’initiation à l’hémostase.

Nous sommes heureux de constater que tous les projets que nous réalisons sont activement soutenus par les équipes d’Ad Lucem. Le projet actuel d’implantation d’un laboratoire de référence à Douala est très important pour nous, car il sera bénéfique pour le système de santé du Cameroun.

Ailleurs en Afrique, nous menons des activités depuis vingt ans. Nous sommes également un peu présents sur le terrain en Asie, mais à un degré moindre.

Propos recueillis par E. M. N